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Facturation électronique : ce qui change vraiment pour votre restaurant ou votre boulangerie

Depuis le 1er septembre 2026, vous devez recevoir vos factures fournisseurs via une plateforme agréée. Ce que ça implique concrètement, comment s'y prendre sans y passer ses soirées, et pourquoi c'est une bonne nouvelle pour votre marge.

Il y a des réformes qu'on subit et des réformes qu'on utilise. La facturation électronique fait partie de la seconde catégorie — à condition de comprendre ce qu'elle demande vraiment, et de ne pas se laisser impressionner par le vocabulaire.

Gérant des boulangeries-pâtisseries et du traiteur Maison POCHAT, je reçois entre 60 et 80 factures fournisseurs par mois. Voici ce que j'ai retenu de cette réforme, et ce que nous en avons fait dans Profito.

Ce que la loi demande, en trois phrases

Depuis le 1<sup>er</sup> septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA — donc la vôtre — doit être capable de recevoir ses factures fournisseurs sous forme électronique, via une plateforme agréée. C'est une obligation, pas une option : à défaut de plateforme désignée, l'administration adresse une mise en demeure, puis une amende renouvelable tous les trois mois.

L'obligation d'émettre vos propres factures en électronique arrive plus tard : au 1<sup>er</sup> septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, et au 1<sup>er</sup> septembre 2027 pour les TPE et PME. Si vous faites du traiteur pour des entreprises ou du dépôt-vente, c'est votre échéance à vous.

Entre-temps, une nuance qui a son importance : le report réclamé par certaines organisations professionnelles a été définitivement écarté, et le cadre réglementaire est complet depuis le décret et l'arrêté du 27 juillet 2026. Les dates ne bougeront plus.

Le vocabulaire, une fois pour toutes

Trois sigles suffisent.

PA — plateforme agréée (on disait « PDP » dans les premiers textes). C'est un acteur privé immatriculé par la DGFiP, qui reçoit vos factures, les transmet et communique les données à l'administration. La DGFiP en a immatriculé plus de 140. Vous devez en avoir une — une seule.

PPF — portail public de facturation. Il ne sert plus, comme prévu à l'origine, de plateforme gratuite d'émission et de réception. Il est devenu l'annuaire central : c'est lui qui dit à quelle plateforme adresser une facture destinée à votre SIRET.

OD — opérateur de dématérialisation. Un logiciel qui prépare, lit ou exploite vos factures, mais ne les transporte pas et ne dialogue pas avec l'administration. Profito est un OD, et je préfère l'écrire noir sur blanc : Profito ne vous dispense pas de désigner une plateforme agréée. Méfiez-vous d'ailleurs de tout éditeur qui vous laisserait croire l'inverse.

Étape 1 : savoir quelle est votre plateforme

C'est la question qui bloque le plus de monde, et la réponse est presque toujours la même : vous en avez déjà une, sans le savoir.

Dans neuf cas sur dix, elle est du côté de votre expert-comptable (Pennylane, Tiime, Cegid, Sage…), de votre banque professionnelle (Qonto…) ou de votre logiciel de facturation. Un mail à votre comptable — « quelle est ma plateforme agréée de réception ? » — règle le sujet en une journée.

Si vous n'en avez réellement aucune, il faut en choisir une. Là encore, le plus simple est de prendre celle que votre comptable utilise déjà : vos écritures et vos factures resteront au même endroit.

Étape 2 : faire arriver ces factures là où elles servent

C'est ici que la réforme cesse d'être une contrainte administrative.

Une facture électronique n'est pas un PDF joli. C'est un fichier qui contient les données, ligne par ligne : la désignation, la quantité, l'unité, le prix unitaire, le taux de TVA, souvent le code-barres. Trois formats existent — Factur-X, UBL et CII — et toute plateforme agréée doit savoir manipuler les trois.

Concrètement, pour vous : le logiciel qui reçoit cette facture n'a plus à deviner ce qu'il y a dessus.

Jusqu'ici, quand vous photographiiez une facture, le logiciel faisait de la reconnaissance de caractères. C'est efficace, mais ça reste de l'interprétation : un 8 mal imprimé devient un 3, une ligne serrée saute, un total se décale d'une colonne. Il faut relire. Avec une facture électronique, il n'y a rien à interpréter : les chiffres sont dans le fichier.

Le gain le plus concret est ailleurs, d'ailleurs. La réforme ajoute le SIREN de l'émetteur aux mentions obligatoires. Ça paraît anodin ; en pratique, ça règle un vieux problème. Dans notre base, « METRO », « Metro France S.A.S. » et « METRO CASH & CARRY » ont longtemps vécu comme trois fournisseurs distincts, avec trois historiques de prix. Avec un identifiant unique sur chaque facture, le rapprochement devient exact.

Ce que nous avons construit dans Profito

Nous avons développé la lecture native des trois formats. Une facture Factur-X, UBL ou CII qui arrive dans Profito — quel que soit son chemin — est lue directement : lignes, quantités, prix, TVA, codes-barres. Vos prix d'achat et vos coûts matière se mettent à jour sans passer par l'analyse d'image, donc sans consommer de crédit de scan.

Restait la vraie question, celle qui nous a occupés le plus longtemps : faut-il un connecteur par plateforme agréée ? Avec 140 plateformes, la réponse par la force brute était intenable.

Nous avons pris le problème dans l'autre sens. La valeur n'est pas dans le tuyau, elle est dans le format — et le format, lui, est le même partout. Donc :

Autrement dit : personne n'attend. Et si votre plateforme n'a pas encore de connecteur natif, votre demande remonte à notre équipe — ce sont les plus demandées qui sortent en premier, plutôt que celles que nous aurions choisies au doigt mouillé.

Profito essaie aussi de deviner votre plateforme à partir de votre SIRET et des connecteurs déjà actifs sur votre compte. Quand il n'y arrive pas, il le dit clairement au lieu de proposer une réponse hasardeuse : sur un sujet réglementaire, une fausse certitude coûte plus cher qu'une question.

Trois pièges que personne ne mentionne

Le premier : toutes les factures électroniques ne contiennent pas les lignes. Il existe des profils réduits — appelés MINIMUM et BASIC WL — qui ne portent que les totaux, sans le détail des produits. Ils sont présentés comme des solutions de transition, mais vous en recevrez. Profito les repère et bascule alors automatiquement sur l'analyse d'image pour retrouver le détail. Conséquence pratique : le scan de factures ne disparaît pas, et méfiez-vous de qui vous promet le contraire.

Le deuxième : vos petits fournisseurs ne basculeront pas tout de suite. Le maraîcher, le marché du mardi, le dépannage du samedi matin : la plupart ne seront tenus d'émettre en électronique qu'en septembre 2027, et certains resteront hors champ. Vous vivrez donc plusieurs années en régime mixte. Un logiciel qui ne saurait faire que de l'électronique vous mettrait en difficulté.

Le troisième, le plus important : le refus de facture devient un acte formel. La réforme impose des statuts au cycle de vie d'une facture — déposée, rejetée, refusée, encaissée. Dans notre métier, le refus n'a rien de théorique : il manque trois bacs de tomates sur une livraison, le prix ne correspond pas au tarif négocié, l'avoir n'a jamais été émis. Ce refus doit être signalé depuis votre plateforme agréée, c'est elle qui porte le statut officiel. Un logiciel de gestion peut vous aider à repérer l'anomalie — c'est ce que fait Profito quand un prix bouge anormalement — mais le refus lui-même passe par la plateforme.

Et l'archivage ?

Sujet moins spectaculaire, mais qui revient toujours en contrôle : vos obligations de conservation ne changent pas. Six ans au titre fiscal, dix ans au titre comptable. Le fait que Profito stocke une copie de vos factures ne constitue pas votre archivage légal. Vérifiez ce que votre plateforme agréée propose sur ce point ; certaines incluent un archivage à valeur probante, d'autres non.

Par où commencer, très concrètement

Trois choses à faire, dans cet ordre, et vous êtes en règle :

  1. Cette semaine — écrivez à votre expert-comptable pour lui demander votre plateforme agréée de réception. Si vous n'en avez pas, choisissez-en une avec lui.
  2. Dans la foulée — dans Profito, onglet Factures → E-facturation, indiquez-la. Si un connecteur existe, branchez-le ; sinon, mettez en place la recopie vers votre boîte mail reliée.
  3. D'ici l'été 2027 — regardez comment vous émettrez vos propres factures électroniques. C'est un autre chantier, et il vaut mieux ne pas le découvrir en août.
Ce n'est pas une réforme à subir. Pendant des années, nous avons ressaisi à la main des chiffres qui existaient déjà sous forme numérique quelque part. Cette époque se termine — et pour une fois, c'est du temps rendu à la production plutôt qu'à la paperasse.
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